September 14 2025
Grenay est la deuxième commune traitée dans le cadre de l’étude du cadastre napoléonien de la plaine du Velin, entrepris par notre association depuis 2016. Elle est située dans le département de l’Isère.
Cette commune appartient au canton d’Heyrieux.
Nous n’avons pas pu obtenir de contacts avec la mairie de Grenay. Nous avons donc utilisé le registre de l’état des sections1 présent aux archives départementales de l’Isère.
Les plans visibles sur le site des archives départementales de l’Isère ne possédaient pas la résolution nécessaire pour un traitement informatique suffisamment précis. Nous avons pu obtenir les plans numérisés en haute définition à partir de ce même service, sur une demande particulière.
https://archivesenligne1.archives-isere.fr/cadastre?arko_default_64ba4c7674c97--ficheFocus
1 6134 W 201
Sa surface, en 1810, comptait 736,3418 hectares : 720,4730 hectares correspondant à la surface cumulée des îlots et 15,8688 hectares de chemins. La précision de ces mesures provenant du registre de l’état des sections qui les mentionne. En réalité, après addition des surfaces saisies, nous obtenons 715,1759 hectares pour les surfaces d’îlots. Celle des chemins cartographiés ne peuvent pas être prises en compte, car les largeurs indiquées sur les plans ne correspondent très certainement pas à la réalité.
Elle est limitrophe du département du Rhône avec au sud-ouest Saint-Pierre-de-Chandieu et à l’ouest, Saint-Laurent-de-Mure, communes cadastrées à la même époque que Grenay. Au nord-est, elle est délimitée par Satolas-et-Bonce, cadastrée en 1838, à l’est et au sud-est par Saint-Quentin-Fallavier, cadastrée elle aussi, à la même date et au sud par son chef-lieu de canton : la commune d’Heyrieux, cadastrée en 1809. Ces trois dernières communes sont situées dans l’Isère.
Les modifications de ses frontières ont fait l’objet de la webletter n° 22.
L’écart de presque vingt ans entre toutes ces communes ont rajouté maints problèmes pour le géoréférencement.
En 1810, La commune de Grenay est divisée en quatre sections.
Section A, dite de « En Luzais » et « Au Chêne » et 3 autres sections de B à D sans noms particuliers.
Les différentes feuilles du plan sont en bon état et restent très lisibles, sauf peut-être, pour la section D, restaurée avec du ruban adhésif plastique dont la colle oxydée a marqué le papier. Les plans sont divisés en :
Deux feuilles pour le tableau d’assemblage à l’échelle de 1/20 000ᵉ.
Deux feuilles pour la section A, dite de Luzay et Chêne, dont une est datée du 15 février 1809 et la seconde commencée le 20 mai 1809. Elle mentionne de nouvelles limites entre Grenay et Saint-Quentin-Fallavier.
Deux feuilles pour la section B (sans nom), dont une semble avoir été restaurée ; les contours du plan de parcelle ont été découpés et collés sur un support en bon état et le parcellaire est annoté. La seconde, sans observation, mentionne les communes adjacentes.
Deux feuilles pour la section C, non nommée également, dont une feuille comporte un parcellaire annoté avec les mentions de son exécution, commencée le 25 juin 1809 et terminé le 15 juillet de la même année et la seconde, ne comporte aucune annotation, si ce n’est les mentions des feuilles et communes adjacentes.
Trois feuilles pour la section D, sans nom, elle aussi, Une feuille dont le parcellaire annoté a été découpé et collé sur un autre support. Les feuilles communes adjacentes ont été conservées, la deuxième non annotée mentionne, elle aussi, les feuilles et les communes adjacentes. La troisième feuille est de même facture que la deuxième.
Les feuilles des sections sont toutes à l’échelle de 1/2500ᵉ.
La conversion des unités de mesures anciennes n’est pas précisée, nous avons donc pris en référence les mesures mentionnées dans le livre de Pierre CHARBONNIER1.
À la suite des modifications de ses frontières avec ses communes voisines, elle ne compte plus en 2025 que 720 hectares2 environ.
1 Pierre CHARBONNIER, Les anciennes mesures locales du centre-est d’après les tables de conversion, Presses universitaires Blaise-Pascal ; Marsat 63200 ; 2006
2 Source wikipédia, consulté le 27 mars 2025
Comme pour les autres communes étudiées précédemment, la toponymie de la commune reste une information essentielle. Le tout début de la cadastration napoléonienne permet d’obtenir des noms et des emplacements précis avec des noms souvent très proches du franco-provençal.
Ce sont donc soixante-huit noms de toponymes qui sont venus enrichir la base de données. Nous reviendrons plus tard dans l’analyse de ces noms de toponymes.
Certains toponymes se trouvent à cheval sur deux sections, « Chatanay »sur la section A et sur la Section D ; « En Luzais » dans la section A et la section C, « Sayette » dans les sections C et D, « Bichi Cocha» dans la section C et«D .Pour « Bichi Cocha » et « Sayette », ces deux toponymes occupent deux parts de territoire éloignées les unes des autres et ne sont pas contigües
Sur deux vocables différents , « Harbe Pin » et « Herbe Pinas » dans la section D.
Nous avons aussi « Falatière » et « Folatière », différence d’orthographe peut être due à une mauvaise interprétation de notre part, car la graphie reste très difficile à lire.
Nous arrêtons là l’analyse, car il est prévu de faire une étude beaucoup plus poussée sur la toponymie de la Plaine du Velin, lorsque nous serons arrivés à la confluence entre la Bourbre et le Rhône, but ultime de notre étude.
Pour faciliter la lecture des données, que ce soit sur les tableaux ou les cartes, nous avons regroupé les différents types d’occupation des sols en 8 familles. Dans ces différents types, nous intégrons les parcelles qui supportent du bâti en élévation sous forme de « Sols », car ces parcelles peuvent être plus grandes que le bâtis en élévation qu’elles vont supporter et qui font l’objet d’une couche séparée.
Nous intégrons les parcelles de « sols » dans le « non-bâtis » car elles indiquent des surfaces d’occupation supportant un , voir plusieurs bâtiments en élévation
Le relief de cette section reste essentiellement de la plaine, et l’utilisation des terres largement dominée par les cultures s’en ressent.
Elle est divisée en 64 parcelles réparties sur une superficie totale de 82,0646 hectares. Elle présente néanmoins deux ensembles de sols supportant du bâti en élévation, ayant pour vocation une activité agricole accompagnée respectivement par des jardins potagers.
L'analyse des données révèle que l'utilisation principale des terres dans la Section A est consacrée aux cultures, qui occupent une part écrasante de 89% de la superficie totale, soit 73,3763 hectares. Cette tendance se retrouve dans les deux zones étudiées, avec une proportion encore plus importante dans "Au Chêne" (96%) que dans "En Luzais" (72%).
Des utilisations marginales pour les autres catégories.
Hormis les cultures, les autres utilisations des terres, telles que les friches, jardins et sols, ne représentent qu'une part très modeste de 0,4963 hectare, soit moins de 1% de la superficie totale. Les bâtis sont également présents, mais leur superficie n'est pas indiquée dans les données1.
Des différences notables entre les zones.
Bien que les cultures dominent dans les deux lieux, on observe une différence significative dans leur proportion respective. Ainsi, la zone « Au Chêne » est davantage consacrée aux cultures qu’ « En Luzais ». Cette dernière présente également une part plus importante de jardins et de sols. Le nombre de parcelles de jardins accompagne de près les zones de sols supportant du bâti à destination d’habitation.
1 Le bâti en élévation ne compte que pour une unité
Tableau 6 : Répartition de l'occupation des sols dans la section A, dite de "En Luzais" et "Au Chêne"
Carte n° 12 : Localisation de l'occupation des sols dans la section A, dite de "En Luzais" et "Au Chêne"
Cette section intègre le village de Grenay et sa situation au relief escarpé lui offre une diversité de paysage et d’occupation des sols.
Cette section se caractérise par six toponymes avec une forte densité de sols.
Les deux principaux sont :
Au Villier, les 18 parcelles de sols occupent un peu moins de 6000 m² soit pour presque le double de surfaces pour presque le même nombre de parcelles que le chef-lieu du village et démontre ainsi une urbanisation beaucoup plus lâche.
Grenay, chef-lieu du village, les 17 parcelles de sols occupent moins de 3000 m² soit (0,2921 ha) et montrent une urbanisation beaucoup plus concentrée, avec un nombre de parcelles presque identique et une surface moindre
Les surfaces des jardins potagers restent significatives.
Presque toutes les autres familles de l’occupation des sols sont représentées. Les bois (97) représentent un nombre important de parcelles, mais n’occupent que 34 Ha.
Bien sûr, les cultures restent les mieux représentées en nombre de parcelles (73) mais en deuxième position en termes de surfaces (57 ha), par rapport aux friches.
Les friches composées de terres vaines, essentiellement des terres en jachères ou non cultivées au moment de l’élaboration cadastrale, ainsi que des pâtures, qui elles, sont souvent des terres incultes, viennent en deuxième position en termes de nombre de parcelles, mais en première position, pour ce qui est des surfaces, et occupent un peu plus de 67 ha
Les vignes, avec 43 parcelles et une surface d’un peu plus de 7 ha, restent représentatives de l’importance que la valeur qu’accordent les habitants du Velin à cette culture avec une répartition importante des parcelles de vignes au sein des différents propriétaires.
Dans cette section, les « cultures » avec 119 parcelles et une surface de plus de 115 Hectares sont les mieux représentées.
En ce qui concerne l’urbanisation, seuls les toponymes « Verveau » et « Sous la Vigne » avec respectivement 47 parcelles et 12 parcelles possèdent le plus grand nombre de sols.
La vue du plan de la section posée sur la vue satellite permet de voir que les « bois » dans leurs ensembles restent localisés dans la même zone qu’actuellement.
Les « vignes » sont bien représentées avec une majorité de parcelles sur le toponyme « Triomphe »
Cette section située à l’ouest de la commune, occupe une petite partie de la base de la moraine où se trouvent quelques parcelles de sols en particulier sur le toponyme « Aux Terreaux » avec 8 parcelles, « En la Rue » et « Fromentière » avec 3 parcelles et « La Verchère » avec 2 parcelles.
Le reste du territoire faisant partie de la plaine est occupé par des parcelles de terres labourables et entrecoupées par quelques îlots boisés qui, pour la plupart, sont encore localisés au même endroit à notre époque, bien que leurs surfaces respectives aient régressé.
Les vignes sont inégalement réparties sur 4 toponymes, mais apparaissent regroupées sur la carte sur deux zones principales.
L'étude du cadastre napoléonien de la commune de Grenay, située dans le département de l'Isère, nous permet de dresser un portrait détaillé de l'occupation des sols de cette région en 1810.
Répartition générale des usages
La commune de Grenay s'étendait alors sur 736,34 hectares, répartis en quatre sections distinctes :
Section A (Au Chêne et En Luzais) : Dominée à 89% par les cultures, avec peu d'autres usages.
Section B (sans nom) : Présence notable de zones urbanisées (sols) autour du village, mais aussi de boisements, friches et vignes.
Section C (sans nom) : Cultures majoritaires (115 ha), avec quelques zones urbanisées ponctuelles.
Section D (sans nom) : Plaine agricole avec quelques îlots boisés, et quelques parcelles de sols autour des hameaux.
Focus sur les zones urbanisées
Les zones les plus urbanisées semblent correspondre aux toponymes suivants :
Grenay : Noyau villageois avec une urbanisation plus concentrée.
Au Villier : Secteur avec une urbanisation plus lâche, couvrant une plus grande superficie.
Verveau et Sous la Vigne : Autres zones présentant une proportion importante de sols.
Ces zones urbanisées côtoient des espaces agricoles (cultures, vignes) et naturels (boisements, friches).
L'analyse du cadastre napoléonien de Grenay en 1810 révèle un paysage diversifié, mêlant espaces cultivés, boisés, friches et zones urbanisées autour du village et de quelques hameaux.